25.05.2009
RECRUTEMENT : PRIME AU CANDIDAT LOCAL?
Devant les pratiques très contestées et contestables de quelques commissions de spécialistes – qui avaient contribué à diviser les collègues – la solution a été adoptée d’instituer des comités de sélection avec l’ambition de les rendre plus indépendants et plus objectifs. Les recrutements sont censés être plus objectifs. Est-ce le cas ?
Il est encore trop tôt pour se prononcer. Dans certaines universités, c’est la première année de mise en place de ces comités et dans d’autres ce n’est que la deuxième année. Il n’y a donc pas assez de recul pour effectuer une analyse crédible. Il faut donc espérer que les universités indiqueront sur leur site internet leurs différents recrutements.
En attendant, une question posée par des fidèles de ce blog doit être présente à l’esprit : Quel est le pourcentage de candidats extérieurs (les vrais extérieurs) recrutés dans les disciplines juridiques ou d’autres disciplines ? Encore faut-il s’entendre sur la notion d’extérieur, surtout dans une ville qui a plusieurs établissements. Un candidat de Paris V recruté à Paris II est-il un extérieur alors même que tous les membres « extérieurs » de son jury étaient de Paris II ? La question vaut pour d’autres universités que ces deux là. Par exemple, un candidat recruté à Toulouse I, alors qu’entre sa thèse et son recrutement, son directeur de thèse est désormais en poste à Toulouse I est-il un extérieur ? La qualification « d’extérieur » doit-elle être uniquement fondée sur l’université d’origine de la soutenance de thèse ?
En droit, ce serait utile de voir si le localisme a changé dans certaines universités qui recrutaient à 100% leurs candidats. Dans d’autres disciplines, par exemple en économie, si mes informations sont exactes, les universités s’interdisent tout recrutement local. N’est-ce pas la voie à suivre ? Au début, il est difficile pour une université de poser cette règle car elle a l’impression de sacrifier ses candidats. C’est pour cela que la conférence des Doyens par exemple pourrait la suggérer et progressivement elles serait mise en place… avec en l’esprit ce qu’on appelle à tort « le droit au retour » par la voie d’une mutation.
Je ne voudrais pas laisser penser que d’excellents candidats locaux ne doivent pas être recrutés. Mais pourquoi ne le seraient-ils pas dans d’autres universités? Le contexte actuel d’autonomie des universités va-t-il favoriser le localisme ? Si la décision était prise dans les facultés de droit de ne pas recruter les locaux, les recrutements ne seraient-ils plus objectifs ?
06:12 Publié dans Enseignant Chercheur (EC), Université, Université Toulouse I | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note


Commentaires
Personnellement, je n'ai rien contre le localisme "affiché". je trouve même normal qu'une fac recrute un individu qui a fait ses études dans cette fac, qui a enseigné, qui a pris part aux projets de recherches, qui est immédiatement opérationnel... alors que le "parachuté" mettra des mois (des années) à s'intégrer, viendra 1 jour par semaine.
bref, ce qui est choquant c'est qu'on appelle ça un concours (cf. Galaxie) !
Il faudrait tout simplement que les postes de MCF puissent être ouverts en interne pour les docteurs, ATER ou IGE ou je ne sais avec quel statut finissent les qualifiés au CNU...
et ce n'est que si personne n'est en mesure de prendre le poste en interne que les fac ouvriraient au tour extérieur...
ce qui est ignoble, c'est de laisser des gens faire des centaines de km dans un sens, des centaines dans l'autre, de les laisser manger un "sodebo" sur un quai de gare ou à un arrêt de bus, de les faire dormir dans un hôtel lugubre mais pas cher... le tout à leur frais.
Puis, après les avoir écouter raconter leur speech de 8mn, leur avoir poser 4 questions sur l'intro de leur thèse, leur dire "merci d'être venu, mais on va quand même prendre celui qui habite en face de la fac"...
Tout le monde ne sera pas d'accord, mais je pense que le recrutement du local n'est pas un problème si c'est clairement affiché.
Ecrit par : hibou de dublin | 25.05.2009
Entièrement d'accord avec Hibou.
Recruter local n'est pas en soi une ignominie. Pour autant que le local soit plus ou moins compétent dans la matière du poste, il y aura fait ses preuves et les membres du CS connaitront sa façon de travailler.
Par contre, les conditions de recrutement du local devraient encadrées. Sans aller jusqu'à une ouverture d'abord interne du poste - comment le CNU, qui n'a que sa représentativité nationale garante de son indépendance et de l'égalité à la bouche pourrait y convenir ? - un bon sens des facultés, sachant qu'elles recrutent local, pourrait déjà être que de ne convoquer deux extérieurs et non une tripotée, ça serait un bon début.
Ecrit par : Richard Virenque | 25.05.2009
Ce qu'il faudrait, peut-être, c'est qualifier un nombre de personnes qui équivaut au nombre de postes à pourvoir.
Je ne suis pas d'accord sur les difficultés d'adaptation d'un nouveau, mais il est vrai, qu'en revanche, on ne peut pas cerner si ce nouveau va véritablement s'intégrer en dix minutes d'entretien. Alors qu'on le peut pour celui qui a une assise dans la ville et dans la fac depuis quelques années...
Ecrit par : Frédéric Lamourette | 25.05.2009
Il faut arrêter avec les réformes régressives ! Bientôt, on nous imposera de quitter notre ville, notre université, et tout le reste (amis, famille, etc...) pour éviter le "localisme"... Mais si toutes les facs s'interdisaient le "localisme", par quoi serait-il remplacé comme critère de sélection ? Par ailleurs, un candidat n'est jamais obligé de se rendre là où il a été convoqué s'il pense qu'il n'a aucune chance d'être recruté. Il peut s'éviter les "galères" du tour de France.
Ecrit par : Patrick Battiston | 25.05.2009
Le localisme pose problème : le bon candidat qui n'a pas de poste dans sa fac ne serait jamais recruté ! Que devient l'égalité devant le concours ?
Le problème n'est d'ailleurs pas tellement le localisme que les critères de recrutement : ceux-ci reposent beaucoup trop sur des critères subjectifs, sur les relations du candidat avec ceux qui le recrutent (en l'absence d'impartialité objective).
Avoir un enseignant sur le lieu de résidence de la fac est un critère objectif et même une obligation imposée par la loi (ou plutôt le décret relatif aux EC). On a trop souvent tendance à oublier cette obligation.
Ecrit par : Marius Trésor | 25.05.2009
@ Patrick Battiston
"Par ailleurs, un candidat n'est jamais obligé de se rendre là où il a été convoqué s'il pense qu'il n'a aucune chance d'être recruté"
à une nuance près : on ne sait jamais trop qui est convoqué... ce que sont devenus les vieux locaux, qui est un assimilé local, qui est ATER ayant soutenu ailleurs. En général, on sait qu'on a aucune chance au moment où on est sur place pour l'audition
Ecrit par : hibou de dublin | 25.05.2009
C'est assez affligeant de voir que bcp de gens trouvent le localisme "pas si mal" : "après tout, il a fait ses preuves, il a participé aux travaux de recherche, il est intégré...". Le but, me semble-t-il, du recrutement, est de retenir les meilleurs enseignants-chercheurs afin de donner aux étudiants les meilleurs enseignements. Et, dans ces conditions, le localisme n'a, absolument, aucune vertu.
Ecrit par : Boris Becker | 26.05.2009
Diriez-vous que les locaux sont forcément moins bons que les extérieurs ? Vous êtes aussi catégoriques que ceux qui défendent peut-être mal le localisme. Si vous étiez recruté dans votre fac, renonceriez-vous à votre poste sous prétexte que vous étiez un candidat local ?
Ecrit par : Maxime Bossis | 26.05.2009
Sur la question du localisme, je suis plutôt partisan d'une vision médiane.
J'estime donc qu'avant fustiger cette pratique ou au contraire de la défendre bec et ongles, il est préférable de se livrer à une approche au cas par cas des situtations.
Ainsi, la pratique du localisme ne me choque pas lorsqu'est recruté(e) un(e) candidat(e) dont les expériences d'enseignement et de recherche correspondent au profil du poste à pourvoir. Quelqu'un qui a fait ses preuves en TD, qui s'est impliqué dans les thématiques de recherche de son labo, peut donc légitimement prétendre à un poste ouvert "à domicile". Non seulement, un(e) candidat(e) brillant(e) sera ainsi recruté(e), mais aussi quelqu'un d'opérationnel immédiatement, ayant déjà pris ses marques dans l'établissement.
En revanche, le localisme constitue une pratique totalement contestable, voire abusive, dans la mesure où elle se cantonne à recruter un(e) candidat(e) au seul motif qu'il/elle est le/la régional(e) de l'étape. Peu importe que son domaine de recherche, ses compétences divergent du postes à pourvoir...
Ecrit par : Julien de causalité | 26.05.2009
Même une personne que l'on pense connaître, un chargé de TD compétent et motivé, peut finalement s'avérer un bien mauvais MCF le jour de la carotte obtenue...
Je pense qu'au-delà du localisme, le problème réside dans un recrutement qui repose sur bien peu.
Ecrit par : Joe l'asticot. | 26.05.2009
Je suis effectivement catégorique. Comme le dit justement Julien de causalité, le localisme est acceptable lorsqu'il se confond avec l'élitisme. Autrement dit, le seule critère pertinent est l'élitisme. Il s'agit de recruter le meilleur, qu'il soit local ou non. Cela ne change rien. Si le local est le meilleur, qu'il soit recruté, mais pas parce qu'il est le local, juste parce qu'il est le meilleur. Quant à l'idée que le local serait "immédiatement opérationnel, ayant déjà pris ses marques dans l'établissement", j'avoue ne pas bien comprendre à quoi cela correspond : au fait qu'il appelle les secrétaires par leur petit nom, qu'il sait où est la machine à café ?
Ecrit par : Boris Becker | 26.05.2009
Evidemment que le BUT est de recruter les meilleurs. Mais dois-je vous rappeler qu'entre docteurs tous qualifiés aux fonctions de MCF, il n'y a tout de même pas de grande différence ! Si la réalité était : on ne recrute que les locaux et, la plupart du temps, ils sont mauvais pas rapport aux autres, alors oui le localisme devrait disparaître. Or, ce n'est pas la réalité et vous le savez bien. A candidat plus ou moins équivalent, on recrute le candidat local car le candidat local est connu et soutenu. Pourquoi une équipe de foot est-elle meilleure à domicile ?
Ecrit par : Didier Six | 26.05.2009
Je comprends qu'une fac recrute un local, mais à ce moment là aucune utilité à la qualification, ni aux auditions.
Sur le mode opérationnel, je suis d'accord si l'on a une vision administrative et à court terme de la vie facultaire. Au contraire je crois que l'apport de sang neuf est nécessaire à la recherche et à l'enseignement dans une approche plus générale. Le métissage universitaire me semble nécessaire, c'est en se confrontant à d'autres que les idées deviennent plus solides...
Ecrit par : amicus | 26.05.2009
Je veux bien que l'on ne soit pas recruté dans sa fac, mais alors il y faut des contreparties. Or, tout monde le sait, l'universitaire est déclassé. Et les réformes actuelles ne le confirment que trop. Donc arrêtons un peu d'instaurer toujours plus de règles et de contraintes ! ça suffit ! Fichons-nous la paix à la fin !
Ecrit par : Alain Giresse | 26.05.2009
Je pense que le plus simple est de tous s'inscrire en thèse à Paris, comme ça on évite le localisme quand on veut vivre en province...Cela centralise la recherche et évite ensuite aux heureux élus, après avoir sacrifié de nombreuses années pour gagner moins que ses étudiants avocats, de devoir quitter femme et enfants, amis pour le service public...
Ecrit par : Tristan | 27.05.2009
A Didier Six, la question n'est pas de savoir pourquoi les locaux sont, de fait, plus souvent recruté, mais de savoir si c'est juste. La réponse, me semble-t-il, est que ça ne l'est que si le local était le meilleur. Autrement dit, je le répète, le localisme n'a aucune utilité pour l'Université. Il en a, je le concède à Giresse et Tristant, pour le confort du candidat, de sa femme et de ses enfants, mais est-ce- la le bt du recrutement ? Quant à l'idée que tous les qualifiés se valent, elle dénote un grande naïveté. Certains sont brillants, d'autres sont nuls. C'est un fait assez facile à constater à la lecture des articles , thèses... Mais les comités de séection lisent-ils ce genre de choses ?
Ecrit par : Boris Becker | 27.05.2009
@Boris Becker
En effet tous les candidats ne se valent pas, et on s'en rend compte à la lecture des travaux... car ils sont lus.
Ecrit par : Merlin Pinpin | 27.05.2009
@ Boris Becker, que seraient pour vous un candidat brillant (tout ce qui brille n'est pas d'or)et un candidat nul?
Je partage l'avis de Didier Six sur les qualités et aptitudes vraisemblablement partagées par tous les qualifiés (et certains autres docteurs non qualifiés) pour être recrutés comme MCF.
Et si vraiment on devait se livrer à une nouvelle évaluation des candidats, permettez-moi de penser qu'il faudrait peut-être leur consacrer plus que quelques minutes d'audition. Avec les modalités actuelles de sélection, on passe dès la préselection à côté de candidats qui répondraient aux besoins précis de l'université qui recrute (la seule question à se poser pour moi)puis au moment de l'audition on retient celui qui dans cet exercice brillera le plus (avec le risque mentionné plus haut).
Ecrit par : lycette corbion | 28.05.2009
En somme, le blog de Hugues Kenfack, c'est comme L'école des fans : tout le monde a 10.
Ecrit par : Boris Becker | 29.05.2009
En somme, le blog de Hugues Kenfack, c'est comme L'école des fans : tout le monde a 10.
Ecrit par : Boris Becker | 29.05.2009
En somme, le blog de Hugues Kenfack, c'est comme L'école des fans : tout le monde a 10.
Ecrit par : Boris Becker | 29.05.2009
@Hibou de Dublin et Lycette Corbion
Je suis d'accord avec vous deux et je tiens surtout à souligner une fois encore la pantalonnade qu'est le recrutement d'un MCF en France.
Un speech de 4mn (il ne faut pas lasser la commission) des questions qui bien souvent démontrent que la thèse a été feuilletée (mauvaise interprétation de votre pensée par une personne qui n'a lu que certains passages et à laquelle il est difficile de faire comprendre qu'elle n'a rien compris), j'en passe et des meilleures...
Chez nos voisins suisses le recrutement des enseignants conduit à communiquer un thème aux candidats qui disposent d'un certain laps de temps pour préparer un véritable cours d'1h qui sera donné devant des étudiants. Le candidat est donc jugé pour sa pédagogie, ce qui me semble tout de même essentiel.
Le CNU a (bien ou mal d'ailleurs) fait le travail de juger la capacité de recherche du candidat, une pseudo évaluation par une commission me semble donc inutile.
Quant au localisme, j'avoue comprendre le point de vue de notre hibou de Dublin, et je suis aussi d'accord avec le fait qu'on peut bien laisser un peu tranquille les EC qui entrent si tard dans la vie active en leur épargnant une délocalisation à un âge où ils ont, il faut l'espérer, construit une famille, malgré les contraintes de la thèse. Mais on pourrait méditer l'exemple allemand interdisant de se faire recruter dans sa fac d'origine (et là encore je ne suis pas sûre que cela conduise à une grande objectivité des recrutements.
Nul système n'est parfait me direz-vous, et comparaison n'est pas raison pourrez-vous ajouter...
Mais tout de même, à l'heure où l'on veut réfléchir sur la façon dont doit changer l'Université, voici de beaux sujets de réflexion...
J'ajouterai qu'en ce qui me concerne,je suis la preuve vivante de ce que le localisme n'est pas toujours la politique de toutes les universités. J'ai été recrutée dans une autre université que la mienne, devant des locaux...
Ecrit par : Thémis | 29.05.2009
Au delà de ce débat, une question simple se pose : et si l'on qualifiait autant de candidats que de postes sont proposés ?
Cela évacuerait l'ensemble des débats qui peuvent survenir (local, commissions décidées avant l'audition, nombre de candidats convoqués...) puisque quelle que soit la manière, chaque qualifié aurait, au bout du compte, un poste.
Ecrit par : Père Fouras | 01.06.2009
Et si on jetait Père Fouras à la mer ?
Ecrit par : Passe Partout | 01.06.2009
En très peu de temps et avec une politique volontariste qu'il déterminerait lui-même, le CNU pourrait d'abord tenter de résorber le nombre de qualifiés qu'il produit pour que ceux non encore nommés (mais encore motivés...) puisse trouver un poste (à ce stade localisme ou pas est indifférent à qui veut vraiment un poste). Une réduction du nombre de qualifiés sur 2 ou 3 ans - afin d'éviter les injustices - le permettrait.
Ensuite, il serait plus opportun que le CNU classe les qualifiés auquel il attribue le grade.
De ce classement dépendrait alors les affectations, un peu comme pour le concours d'agrégation.
Évidemment ce système n'est pas sans critiques car la liberté des établissements (et le pouvoir des présidents fraichement nantis par la loi LRU)seraient particulièrement affaiblis et le CNU deviendrait un pouvoir, voire un état dans l'état, à coté du jury d'agreg. Elle conduirait de plus à voir toute nomination d'EC comme une personne imposée à son établissement d'affectation et lancerait un véritable "marché de la mut'" chaque mois de mai. Elle aurait pourtant le mérite d'uniformiser les modes de recrutements MCF/PR...
Ecrit par : alfred jarry | 01.06.2009
Il faudrait alors que les critères de la qualification soient clairement énoncés, que plus de deux rapporteurs se prononcent sur le dossier du candidat, que celui-ci soit auditionné (on recrute un chercheur, mais aussi un enseignant)...
Et un excellent candidat peut ne pas répondre aux besoins d'un établissement qui rechercherait une spécialité particulière...
Ecrit par : pas convaincu | 01.06.2009
Ceci dit, avec le système actuel, un excellent candidat peut ne pas répondre aux besoins d'une faculté recherchant dans un domaine pointu. Combien de qualifiés ont rédigé une thèse en droit espagnol par exemple ?
Le plus important est de mettre fin à ce système débile, n'ayons pas peur des mots, où 80 90 candidats sont qualifiés par an, et ou 50 60 postes sont proposés. Si, à la limite, la qualification servait à autre chose que le recrutement, pourquoi pas. Mais là, cela fait miroiter un poste à 30 candidats par an qui seront déçus, sans compter la longue liste de qualifiés non nommés des années précédentes.
Ecrit par : Père Fouras | 01.06.2009
@ alfred jarry
j'avais proposé aussi ce système de classement et après tout, je préfère qu'il y ait un marché de la mut qu'une grande braderie des qualifiés. Mais attention alfrd, vous comme moi allons être immédiatement qualifiés d'élitistes! J'avais même proposé de lier agrégation et recrutement MCF. Les admissibles seraient forcément agrégés et se battraient pour le classement, les sous-admissibles seraient MCF et choisiraient leur affectation selon le classement aussi. Au moins, il y aurait autant de qualifiés que de postes, les candidats auraient été jugés sur leur travaux et sur deux prestations orales, en plus que sur leur qualité de clarté. Pour les candidats déjà MCF, eh bien s'ils ne sont pas admissibles, ils dégagent un place ayant déjà un poste.
D'avance pardon à ceux que j'offenserai mais je réfléchis tout en écrivant.
Ce qui est sûr, c'est que le fonctionnement actuel n'est pas satisfaisant car il y a trop de gâchis et de mauvais candidats qui passent le filtre du CNU, il suffit d'avoir été en comité de sélection pour s'en rendre compte (je ne parle que des travaux, la prestation orale n'indique pas forcément le niveau des candidats, quoiqu'elle permette d'identifier déjà certains traits). Continuons la discussion!
Ecrit par : Merlin Pinpin | 02.06.2009
Un classement établi par le CNU, autant aller immédiatement se prendre.
N'oublions pas tout de nous n'avons ni les mêmes sujets (allez savoir comment une thèse relative à l'analyse économique du droit sera appréciée en comparaison d'une bonne vieille thèse de droit civil, je connais quelqu'un qui en a fait les frais...) ni les mêmes rapporteurs (c'est comme les différences de notation entre copies).
Alors là pour le coup la rupture d'égalité me paraît tout juste insoutenable...
Au moins dans le cadre du concours d'agrégation, le nombre de membres du jury est limité et si les rapporteurs ne sont pas tous les mêmes l'aspect "petit comité" préservent de certaines (je souligne ce terme) injustices...
La limitation de qualifications au nombre de postes peut être retenue comme une solution. J'ai longtemps été pour, mais j'ai changé d'avis.
D'abord parce que pour avoir des amis qui n'ont pas été qualifiés, j'ai vu le traumatisme que cela pouvait créer, certes ils ont évité un tour de France harassant, d'une grande violence psychologique et n'aboutissant pas nécessairement à un recrutement. Mais au moins leur thèse, dont la valeur ne sera pas bien grande sur le marché du travail, a été reconnue...
Quant à un grands concours d'agrégation faisant des sous admissibles des MCF, j'ai vraiment beaucoup de mal à me représenter un tel système qui établirait une hiérarchie injuste et non fondée (surtout lorsque l'on sait à quoi tient parfois une sous-admissibilité, relisez Josette de Madrid entre autres...), sans compter le travail qui serait celui du jury, que pour le coup je plaindrais (et que je plains déjà, je ne sais pas comment ils peuvent continuer à réussir à écouter les candidats en fin de concours, non en raison des candidats, amis de la fatigue qui doit être celle du jury).
Bref je crois effectivement qu'il faut continuer à discuter, même si je suis très dubitative sur l'efficacité éventuelle d'une telle discussion...
Ecrit par : Thémis | 02.06.2009
Aucun système de recrutement n'est vraiment parfait, le problème numéro un étant qu'il n'y a tout simplement pas assez de postes et trop de bons candidats. Mais ces derniers, lorsqu'ils ne sont pas recrutés à l'Université, vont alors vers d'autres professions finalement assez proches et toutes aussi intéressantes. Pas la peine non plus de créer une usine à gaz...
Ecrit par : Michel Platini | 02.06.2009
utile contribution aux privatistes : http://walineo.unblog.fr/
Ecrit par : walibi | 02.06.2009
les chiffres officiels sur l'origine des recrutes MCF en 2008 sont la:
http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/statistiques/34/1/origines_version_v10_47341.pdf
et les annees precedentes sont aussi disponibles.
Il est donc assez simple de verifier les tendances au recrutement local selon les universites.
le ministere fait son boulot, ils mesurent la mobilité/localisme.
avec des sous categories: qui a fait sa these dans la meme universite, dans la meme academie, a fait un postdoc etc...
Ecrit par : erathrya | 12.06.2009
Je suis pour le système américain: suppression du CNU, du concours d'agrégation, des qualifications!Chaque faculté recrutera ses enseignants comme elle l'entend, mettant fin à l'hypocrisie du "concours" de recrutement de MCF, qui n'en est pas un, et à celui de l'agrégation!Comment ça je rêve les yeux ouverts? Le doctorat est en lui-même une très rude étape, pas la peine de rajouter des obstacles.
Ecrit par : tiraqueau | 09.07.2009
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