17.02.2009

MOBILISATION EN FAVEUR DE L'AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE ET DE TRAVAIL : SENS DES MOTS

Quel est le point commun entre toutes ces mobilisations en faveur de l’amélioration des conditions de travail et de vie ? (vie chère, enseignants-chercheurs, hôpital). Il convient de revoir la méthode, de faire preuve de pédagogie et de consulter très largement les personnes intéressées pour comprendre la situation et faire des propositions utiles.

En se limitant à la hausse des prix et à l’université, il n’y a pas plus spécialiste de ces questions que ceux qui y sont confrontées au quotidiens. La ménagère qui doit remplir son panier pour nourrir sa famille est plus spécialiste de la vie chère que les soi-disant spécialistes. Le même constat peut être fait pour l’université. Les acteurs de la vie universitaires savent quelles sont les difficultés et les solutions pour les résoudre : il est nécessaire de les écouter.

Je profite de cette note pour faire l’universitaire, c’est-à-dire de la pédagogie sur quelques questions de « sémantiques ».

La première concerne le « décret Pécresse ». Les uns demandent son « retrait ». Les autorités penchent pour « explorer d’autres pistes ». Les uns et les autres sont conscients qu’il faut reprendre le texte. La réécriture peut donc être un terrain de compromis, car elle conduit au résultat attendu dans les deux premiers cas. Un nouveau texte issu des consultations des acteurs de la vie universitaire, garantissant la liberté des enseignants-chercheurs, prévoyant une évaluation claire et objective, améliorant les conditions de tous les acteurs de la vie universitaires, notamment les étudiants, les BIATOSS (moins de précarité) et des enseignants chercheurs. Alors « réécriture »du texte plutôt que retrait : voilà une suggestion.

La deuxième concerne l’accord négocié en Martinique sur la baisse de 20% sur les produits de première nécessité. Les représentants des grandes surfaces prétendent que l’accord doit porter sur 100 articles. Les représentants du collectif du 5 février estiment qu’il doit porter sur 100 produits. Encore une question de mots ? Pas vraiment. Un article est-il un produit. Ici encore, les mots ont un sens. Pour les familles en difficulté, une famille de produits « parle » plus que des articles individualisés. Quel que soit le terme employé, l’accord doit porter sur une « famille de produits » et non d’articles individualisés.


La troisième est relative à une chanson qui a intrigué les amis de Métropole et ils m’ont demandé de clarifier les choses. Il s’agit de la phrase « la Martinique n’est pas à eux mais à nous ». Qui sont ces « eux » visés par cette chanson ? Je me suis fait confirmer qu’il ne s’agit ni des békés, ni des blancs, ni des étrangers… mais simplement des « profiteurs », ceux qui profitent de la souffrance du peuple pour s’enrichir. Il n’y a donc pas de racisme : c’est un cri de cœur.

Enfin, dernier terme auquel il faudra s’habituer : celui de collectif. Il y a en Guadeloupe le collectif contre la vie chère et les surprofits LKP, en Martinique, le collectif du 5 février, en Métropole le collectif pour la défense de l’université…

Commentaires

Vive La Martinique qui me permet de reconnaître l'ami, alors que je craignais qu'il ne fasse la sieste après un superbe déjeuner martiniquais.
Bravo Hugues pour cet exercice sémantique et sociologique.
Oui, la ménagère est plus experte que tous les experts en ce qui concerne la vie chère.
Sur la "réécriture" du décret tu peux annoncer la bonne nouvelle à tes collègues universitaires: notre ministre est enfin d'accord sur le principe de la nécessité de sa "réécriture" mais il faudra modérer l'enthousiasme car je ne suis pas sûre que les étudiants et les BIATOSS soient convoqués et entendus sur les réformes à venir. À nous alors, enseignants de les entendre et de porter leur parole sans la dénaturer pour qu'ils prennent part tant que ce droit ne leur sera pas directement reconnu (mais on peut se battre sur ce point aussi).
Sur les profiteurs qui asservissent, peu importe leur couleur de peau. "Le Monde n'est pas à eux". Et rien n'empêchera jamais ceux qui souffrent de penser et par leur seule intelligence de toujours les menacer et, un beau jour, peut-être d'imposer la justice.
Enfin, je me réjouis de ne jamais avoir parlé de communauté universitaire mais de collectivité universitaire.
Antillaise à cause de mes traits, comme on me l'a souvent demandé? Non, de coeur!
Pardon à Thémis, d'avance, pour cette grandiloquence que je trouve moi-même nulle.

Ecrit par : lycette corbion | 17.02.2009

Hugues Kenfack en lutte pour la Guadeloupe, la Martinique ...
Bravo HF.

Ecrit par : planteur | 18.02.2009

Bravo HK .

Ecrit par : planteur/ erratum | 18.02.2009

@ Lycette,

L'auto-flagellation est inutile, je ne vous reproche rien, je voulais simplement vous rappeler que parfois un peu de légèreté fait du bien.

En revanche pourriez-vous me contacter à l'adresse suivante thémis_justice@rocketmail.com ?

Ecrit par : Thémis | 19.02.2009

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