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06.05.2008

CAMPUS OR NOT CAMPUS ?

Une toute petite note pour avoir les avis sur cette question fondamentale : campus or not campus?

Ceux d'entre vous - étudiants, enseignants et autres acteurs de la vie universitaire - qui voyagent dans le monde anglo-saxon (pas uniquement) remarquent tout de suite une différence entre leurs universités et la plupart des universités françaises : elles ont de vrais CAMPUS, avec des installations sportives, des restaurants, des bibliothèques ouvertes presque 24/24... même des supermarchés, des distributeurs de billets, des banques ou des boutiques multiservices ( internet, vente de journaux...)

Ce n'est certes pas l'essentiel : l'étudiant est cependant envisagé dans sa globalité et non pas uniquement dans une perspective de formation.

En ces temps où les universités françaises sont en partie autonomes, est-ce la voie à suivre ou doit-on garder les spécificités "françaises" et laisser de côté cette manière anglo-saxonne de voir les choses illustrée par de prestigieuses universités anglaises ou américaines? (suivez mon regard)

Lors de quelques séjours dans des pays autres que la G-B ou les USA, par exemple la Pologne, j'ai été marqué par l'adoption de cette forme de Campus.

Les campus entraînent une vie universitaire plus intense , y compris les samedis et même les dimanches, tant en ce qui concerne l'enseignement, la recherche ou même les loisirs.

A titre d'exemple, j'ai effectué des conférences un samedi et même un dimanche, et j'ai été surpris de voir le nombre de personnes qui y assistaient alors même qu'en France...

Il ne s'agit pas de porter un jugement de valeur. Des universités, bibliothèques, restaurants, buvettes ... ouverts le dimanche, des services offerts tard le soir et les WE aux étudiants et autres, de nombreux travailleurs allant en cours le soir ou le WE : est-ce la voie à suivre?

Je lance le débat, comme toujours sans a priori : l'université sera ce que les acteurs du monde universitaire - nous tous - voudront qu'elle soit.

Commentaires

Je trouve l'intégration de la vie universitaire dans une ville beaucoup plus agréable. Ça évite l'effet « ghetto » et ça permet potentiellement une meilleur intégration de la population universitaire dans la vie de la cité.

Cela étant, quand dans une ville plusieurs sites existent (voir même plusieurs « campus », comme c'est le cas à Rennes, même si le terme me semble un peu exagéré tant les campus ne sont pas si étendus que cela), ce que je trouve dommage c'est que la plupart des étudiants rentrent chez eux à la fin de la semaine.

Ce phénomène, couplé à des semestres qui deviennent très courts, font que la vie universitaire prend de moins en moins ... en tous cas pour ce que j'ai vécu du côté étudiant.

Ecrit par : Arnaud Fouquaut | 07.05.2008

Il y a sans doute une manière "française" de penser les campus universitaires, mais qui va au-delà de la disposition des bâtiments, de l'aménagement des espaces verts ou de la mise à disposition de services para-universitaires. La difficulté chez nous semble être de constituer une communauté universitaire soudée et fière. Des bureaux pour que les enseignants puissent recevoir leurs étudiants ? Ils font cruellement défaut dans la plupart des cas. Il seraient à disposition : cela changerait-il la disponibilité des enseignants-chercheurs ? Des BU ouvertes le soir et les WE pour que les étudiants y travaillent ? Des cafétarias qui puissent fonctionner le soir ?

Peu à peu les mentalités changent en France, pour des raisons d'attractivité on prend conscience que les campus doivent être considéré comme des lieux de vie (et pas seulement des lieux de passage), des lieux dans lesquels les étudiants se sentent bien. ...et à ce moment là qu'on prend conscience du retard en la matière et de la necessité de repenser l'agencement des batiments universitaires...

@ Arnaud Fouquaut : je ne crois pas qu'il faille opposer "campus agréable" et "mixité urbaine". Des campus "lieux de vie"; où les étudiants prendraient plaisir à venir en cours et rester étudier, vivre, se distraire pourraient très bien être "ouverts". C'est d'ailleurs la vocation de l'université.

Ecrit par : Manuel | 07.05.2008

j'ajoute un élément de complément : j'ai discuté avec des étudiants américains(columbia university NY), des étudiants anglais (cambridge) et des étudiants polonais et ils trouvent que la présence d'un campus est un élément fondamental qui ne les empêche pas de profiter du centre ville. En outre, la présence presque "permanente" des enseignants est pour eux un gage de bonne qualité des études. Il faut quand même noter que les salaires des enseignants ne sont pas les mêmes que chez nous (rires). Certains de ces étudiants n'imaginent même pas de ne pouvoir rencontrer les enseignants... encore moins des BB fermées à 18h ou le WE. D'autres, qui ont séjourné dans notre pays, m'ont indiqué que c'était un vrai changement pour eux de n'avoir pas chez nous cette vie de campus...

Ecrit par : hugues kenfack | 07.05.2008

Campus or not campus? Telle est la question...
Pour ma ppart, je ne suis pas encore fait d'opinion définitive à ce sujet. N'ayant connu que notre bon vieux modèle universitaire français, mon analyse reposera sur des une logique incertaine.
S'il faut changer qqchose dans notre système (on passera les évidences sur les moyens etc...) je pense pour ma part qu'il faudrait davantage l'esprit de corps des étudiants, un sentiment d'appartenance à une faculté, ce qui est quasi-inexistant dans nos universités et qui est la clé des réseaux des écoles. Pour ce faire, il faudrait renforcer les identités "facultaires" dissoutes dans l'entité université. D'ailleurs, on ne dit même plus faculté mais UFR (on dirait une marque de réseau de téléphonie mobile...). C'est en privilégiant des entités plus petites qu'on arrivera à cette fin. Cela rejaillira sur l'université par la suite. Dans ces conditions, qu'apporterait de plus l'organisation à l'anglo-saxonne? Un capus ne suscitera pas plus d'émulation intellectuelle. Et l'amélioration des conditions d'études comme les ouvertures de bibliothèque le dimanche et la nuit est indépendant de l'existence d'un campus. Personellement ce modèle ne me fait pas rêver. Quand je vois des photos des facultés de droit de Montpellier ou Aix, je me dis que ces étudiants vivent dans un cadre idyl(l)ique. Point de campus autour et il m'a été conté que la vie universitaire était bouillonnante. Certes, on m'opposera le fait que ce sont des villes étudiantes, alors à choisir le modèle campus, je préfère un modèle dans lequel l'université est intégré dans la cité comme arnaud. Vive la ville-campus!

Ecrit par : fluctuta nec megitur | 07.05.2008

Le système "facultaire" n'existe plus officiellement depuis un bon bout de temps. Certains enseignants et je devrais dire s'emploient à maintenir les apparences en usant plus que de raisons des termes "doyens" et "faculté" mais ça ne veut pas dire grand chose dans l'organisation actuelle des universités. La pluridisciplinarité est là, le LMD a cassé la logique tubulaire des parcours de formation et c'est sans aucun doute une bonne chose. Partout ailleurs dans le monde les marques universités se sont les noms des universités, pas des "colleges" ou des "facultés". En revanche je partage ce sentiment sur l'esprit de promo. Réussir à faire en sorte que les groupes d'étudiants (TD, amphi ou même année) soient soudés, serait le premier pas en direction d'un sentiment d'appartenance. Nos universités manquent de savoir-faire, d'outils et d'argent pour favoriser ce genre d'émulation.

Ecrit par : Manuel | 07.05.2008

Bonjour professeur,
Juste pour te dire que je suis fière de ton blog. Il est plus clair et plus facilement accessible.
En passant la recette de Accra je l'ai essayé et c'était succulent.
bon courage
ta grande soeur dorette depuis Montréal.

Ecrit par : dorette Kenfack | 07.05.2008

merci à ma soeur chérie. Ce que je suis doit beaucoup à ma famille et en partie à toi.
C'est sans doute la "modernité" qui veut qu'on utilise aujourd'hui non seulement le tél, mais aussi les mails et même les blogs.
les accras sont bons surtout lorsqu'ils sont faits par quelqu'un qui sait cuisiner...

Ecrit par : hugues kenfack | 07.05.2008

Monsieur le Professeur,
Dîtes moi pas que vous savez cuisinez le Accra!!!
Un bon ami ivoirien m'a fait découvrir l'art culinaire africain dans un resto parisien et j'en suis presque sorti avec la double nationalité tellement c'était bon... Et ces bananes flambées coupées en rondelles accompagnées d'une sauce piquante... Je me fais un resto ce soir!!!

Ecrit par : fluctuat nec mergitur | 07.05.2008

en réalité, je sais essayer une recette quand le plat a été cuisiné (rires)
c'est vrai que c'est vraiment très bon, surtout quand on est bien entouré.
Je confirme que les bananes flambées, le rhum, le yassa poulet(du sénégal) ou même le gratin de banane(de martinique)... c'est super.
mais je ne sais pas vraiment faire les accras...

Ecrit par : hugues kenfack | 07.05.2008

Pour en revenir au "Campus", j'ai rencontré hier des étudiants polonais de l'université de Varsovie qui ont des avis partagés. Certains travaiellent en même temps que leurs études et appécient particulièrment les cours le soir, le WE...
D'autres auraient préféré avoir leur week-end entièremet libre...
je n'ai pas encore pu savoir s'il y avait un vrai esprit de promotion comme dans les écoles de commerce ou les grandes écoles comme Polytechnique. A suivre...

Ecrit par : hugues kenfack | 08.05.2008

L'idée de mettre en place des campus en France me semble tout à fait intéressante. J'ai enseigné en Angleterre et effectivement, les universités sont vraiment différentes, en particulier dans les rapports qu'entretiennent les étudiants avec les enseignants. Les rencontres sont fréquentes, cordiales, et les enseignants sont d'ailleurs tenus d'assurer des heures de présence dans leurs bureaux afin de pouvoir rencontrer les étudiants (même les professeurs qui d'ailleurs ne sont pas agrégés en Angleterre).
Le système est donc à mon avis très intéressant. (J'aurai d'ailleurs d'autres exemples sur la gestion des ouvrages en bibliothèques qui pourraient faire réflechir les BU françaises, e particulier pour faire cesser les vols d'ouvrages ou les retards... Un professeur éminent, Lord de la reine, a du payer plus de 350livres pour un retard d'une dizaine de jours... les retard étant facturés à l'heure!!).
Ceci dit, je m'interroge sur la faisabilité d'une telle chose en France... Qui va vouloir venir travailler le dimanche, le samedi, les soirs en semaine... La mentalité anglo-saxonne sur ce point est vraiment différente, aussi bien pour les personnels que pour les étudiants. N'oublions pas qu'une année d'université anglaise, ou américaine, coute affreusement cher, et par conséquent, les étudiants qui peuvent le faire, profite au maximum de la chance qu'ils ont. Les étudiants français, que je vois toutes les semaines dans mes cours, ne voient pas les choses de cette manière... Certes pas tous mais un bon nombre...
Voilà mon sentiment sur cette question proposée par le maitre de ces lieux, qui me rappelle mes années toulousaines.

Ecrit par : Herman Hesse | 08.05.2008

cher herman et cher collègue,
Ton avis sur la question est vraiment très intéréssant, comme ceux d'ailleurs des autres intervenants car il montre bien qu'il s'agit en partie d'une question de "culture", de mentalité.
Avons-nous la "culture" pour des cours les WE ou les BB ouvertes tout le temps?
Tu poses une question fondamentale : les frais d'inscription et la présence des enseignants. Est-ce parce qu'ils sont aussi bas que certains comportements sont à déplorer? Ayant enseigné à l'étranger comme toi (mais pas en Angleterre), je peux attester que les rapports entre enseignants et étudiants sont vraiment très différents. Sans vouloir critiquer, j'ai souvent l'impression qu'en France, certains enseignants sont "inaccessibles" tellement ils se considèrent comme des "seigneurs". D'autres tentent d'être présents et ils doivent être félicités pour cela.
En outre, s'agissant des BB, ton exemple du professeur et Lord anglais pénalisé pour le retard... est instructif.
Que faire face à ton constat et celui des précédents commentaires?
Enfin, je suis sûr que tes années toulousaines te laissent d'excellents souvenir...

Ecrit par : hugues kenfack | 08.05.2008

Merci beaucoup de votre message cher collègue.

La question des frais d'inscription est importante, et ce, de manière indéniable. Les augmenter, ce qui se murmure de temps en temps, soulève systématiquement une opposition formidable... Le vieux principe républicain...
Peut-être faudrait-il que les étudiants se rendent compte de la chance qu'ils ont de pouvoir étudier et réfléchir à l'Université. Tout le monde semble admettre cela comme normal mais, ne serait ce qu'au début du 20ème siècle, l'accès à l'Université, et qui plus est à la Faculté de droit, était bien plus difficile... (Les travaux d'Olivier Devaux sur l'enseignement à Toulouse le montrent).
S'agissant de la différence de "culture", et particulièrement dans la relation qu'entretienne les étudiants et les enseignants, je pense que cela peut s'expliquer par deux raisons au moins:

en premier lieu, les enseignants, même si je suis persuadé que tous ne se considèrent pas comme des "seigneurs", semblent, ou sont difficilement accessibles, en raison de leurs emploi du temps, souvent chargés, de leur nom et de leur réputation (ce qui, même différemment, peut légitimement se penser avec un ministre ou, autre exemple imaginable, qui oserait déranger le doyen Hauriou, maître absolument incontestable du droit administratif??)

et, en second lieu, les étudiants, qui pour des raisons a priori semblables aux précédentes ont "peur" d'aller parler au professeur (ou Maitre de conférence naturellement), lequel, parfois, porte la magnifique toge rouge...

Finalement, le système est bloqué. En Angleterre, où encore une fois j'ai eu la chance d'enseigner, et donc de discuter avec mes collègues britanniques, les choses sont vraiment différentes. Tous les enseignants, Lecturer, Professor, Fellow, GTA, sont tenus à des "staff office hours". Puis, de manière générale, même si ce n'est que mon sentiment, les rapports sont moins formalisés, ou du moins, autrement...

Bien sur, je n'entend pas détenir une quelconque vérité mais il me semble que cela permet au moins de constater la différence de culture.

Alors que faire? J'avoue ne pas véritablement savoir... la seule chose que je fais, c'est être disponible pour mes étudiants...

La création de campus me semble, encore une fois, pertinente, et, comme le suggérait un des commentateurs précédents, la mise en place d'un "système" de promotion, qui lierait les étudiants, les rendrait solidaires, serait, à mon sens, une idée intéressante. Voyons le système des écoles de commerce, des écoles d'ingénieur, elles fonctionnent toutes largement sur un mode CAMPUS!!

Enfin, et j'en termine pour ne pas monopoliser le sujet, garder un souvenir plus qu'excellent des années toulousaines!! Comment oublier la ville où on est né et où on a grandi!!

Ecrit par : Herman Hesse | 08.05.2008

Face au risque d'une telle pénalité, je me précipite à la BU rendre un ouvrage. J'ai plus d'une heure de retard !

Ecrit par : Jean-Jacques | 08.05.2008

On parle de moilà! C'est MON idée, l'esprit de corps!!!! lol
Plus sérieusement, je rebondis sur l'ensemble de ces interventions riches en ce qu'elles reposent sur des expériences étrangères (ça fait du bien de voir qu'un mende existe hors nos frontières...lol).
Je réitère mon sentiment quant au fait que le mode campus n'est pas nécessaire pour mettre en place l'ensemble des mesures que vous décrivez tous (bibliothèque, accessibilité des professeurs et temps pépié par ceux-ci à la rencontre de ceux là...). Tout ceci peut se faire hors la mise en place de campus à l'anglo-saxonne. A mon sens, la véritable révolution que l'on doit opérer est celle de nos esprits. L'esprit de corps que j'appelle de mes voeux conditionnerait l'ensemble des réformes que vous voulez voir installer en France. Le sentiment d'appartenance à une institution ou à une formation implique les étudiants dans la vie et le devenir de sa formation. Se sentant redevable, il s'investit dans les activités donnant une visibilité à son master (à petite échelle) ou à son université (à grande échelle). Il s'ensuit notamment une solidarité dans la "communauté" qui permet une entraide dans la recherche de stage, un appui pour un poste, une recommandation etc...
Par ailleurs, les universités commencent à mettre en place des fondations visant à récolter des fonds pour compléter leur financement. Une tele collecte ne peut être efficace que si les anciens y soscrivent, et dans l'état actuel des mentalités, je me permets de douter...
Toutes ces raisons expliquent selon moi la prééminence de la promotion d'un esprit de corps, tout vient de là.
Je me permettrai une critique à l'endroit de certains professeurs (c'est la première fois, je tue le père lol). Dans la création de cet esprit promo, les directeurs de masters ont un rôle fondamental. Il s'agit de leur formation et ils ne peuvent se contenter d'assurer la selection, la formation et de ne pas assurer le "servie après vente". Ils se doivent de prendre une place active dans la promotion du diplome en utilisant leur aura d'agrégés pour attirer les professionnels comme partenaires, organiser la vie du diplome avec les étudiants... et faire du marketing!!! Communiquer, "vendre" leur formation comme étant la plus compétitive. Je tiens cependant à tempérer d'emblée mon propre propos en constatant que les mentalités ont ENORMEMENT changé ces 6/7 dernières années. Bcp d'enseignants ont intégré cette donnée dans la réussite de leur formation et bcp de masters se sont organisés en associations et organisé un tas d'évènements révèlant la vitalité de leur diplome.
Commençons par donner conscience aux étudiants qu'ils font partie d'une filière prestigieuse et vous verrez que les choses changeront d'elles-même. Du moins ça aidera...

Ecrit par : fluctuat nec mergitur | 08.05.2008

l'esprite de corps : voila une idée essentielle pour les étudiants mais aussi pour les enseignants...
je suis entièrement d'accord avec ce message
en tant que directeur de M2, je tente de créer un tel esprit entre les étudiants, y compris en organisant tous les ans des rencontres entre les actuels étudiants et les anciens qui sont dans la vie active...
c'est vrai aussi que nous ne savons pas vendre notre savoir-faire. Ce dernier ne suffit pas si on ne peut pas le faire savoir...

Ecrit par : hugues kenfack | 09.05.2008

Heureux que nous partageons une communauté de vue...
Et j'insiste sur le fait qu'une telle prise de conscience est indépendante de mise en place de campus. A dire vrai, si l'on atteint un tel objectif (qui ne se fera pas en peu de temps...), on ne le jugera plus comme étant nécessaires. Il est impératif que les étudiants aient du respect pour leur formation. Ce qui implique qu'ils aient conscience de leur valeur à condition que la formation soit une formation à la heuteur du respect qu'on attend de ces derniers. Il existe encore malheureusement des formations qui ont été créées sans véritable marché professionnel bien défini. Les diplomés se retrouvent avec des compétences acquises qui ne correspondent à aucune demande particulière de la profession. Peut êter serait-il bon de faire un agiornamiento et de mettre fin aux masters qui, s'ils font le bonheur de leur directeurs n'en sont pas moins inutiles pour les étudiants à qui on ne pourrra reprocher une certaine passivité voire indifférence quant à la promotion de leur diplome. Vous remarquerz que les étudiants et les anciens les plus impliqués sont ceux issus de formations considérées comme d'excellence (magisteres, master de fiscalité, de droit des affaires, droit privé...) dans leurs universités. Ces étudiants font preuve de volontarisme parce qu'ils se disent que leur formation en vaut le coup. On doit cultver l'excellence dans la création de diplome. Non pas que ce n'est pas le cas. Si l'on compare les troisièmes cycles d'aujourd'hui et d'il y a vingt ans, ça n'a rien à voir et tout le mérite en revient aux enseignants qui ont su prendre acte de l'évolution du marché du droit. Mais il faut aller de l'avant et renforcer cette excellence pour qu'on ne soit pas injustement concurrencés par des établissements n'ayant rien à voir avec le droit et qui jouiront d'un prestige conférés par leur simple nom sans faire la preuve de la qualité de leurs formations.
Plus de vie étudiante dans les masters, plus de partenariats avec les entreprises et cabinets qui, de par leur apport financier permettront de mettre en place diverses manifestations (colloque...). Certains masters organisent par exemple des déjeuners dans les cabinets d'avocats durant lesquels ils se font connaitre des associés et donnent de la visibilité à leur formation. Vous remarquerez que tous ces diplomes ont certains points communs: un directeur très engagé dans le diplome, un nombre important de professionnels intervenant qui au moment du recrutement se souviennent des étudiants diplomés, des étudiants qui s'investissent à tous les niveaux.
Vous dirigez M. le Professeur un master qui fonctionne sur ce modèle il me semble: le master juriste d'affaire international (excusez l'à peu près...). Et il me semble que ce master jouit d'une réputation auprès de professionnels. Tout est dit...

Ecrit par : fluctuat nec mergitur | 09.05.2008

Que les amoureux de la langue française excusent les fautes de grammaire et d'orthographe. Je ne relis jamais mes messages avant de les envoyer...

Ecrit par : fluctuat nec mergitur | 09.05.2008

Pour ma part, Je vous amenerais loin de la France parce que je vais vous parler du système Canadien et plus principalement de la Province du Québec.
Concernant les rapports Professeurs-Étudiants,Ils sont bons. les étudiants et les professeurs s'appellent par leur prénoms.Ils peuvent avec l'autorisation de certaines Universités comme par exemple l'université de Montréal s'envoyer des courriels sans que cela porte préjudice à personne.

En ce qui concerne les frais d'études, ils sont énormes mais les gouvernements tant bien que le Fédéral ou le Provincial se sont mis d'accord pour accorder des subventions à certaines entreprises afin qu'elles emploient des étudiants à temps partiels pendant l'année scolaire et à temps plein pendant les vacances universitaires, ce qui aide les étudiants à financer leur cours sans trop s'endetter par des prêts universitaires.
On assiste de plus en plus au Canada et aux États Unis à un système d'"ÉTUDES-EMPLOI".

Ceci étant dit, en parlant de la France et du Canada, un partenariat a été mis sur place entre les professeurs des Universités du Québec (pour ce qui de la langue Française) et des professeurs de la France. Je sais que les Canadiens Français se rendent beaucoup en France dans le cadre de ce partenariat, ce qui n'est pas le cas des professeurs de France.
Je vous comprends bien vous n'aimez pas la neige , c'est ça ? Parce ce que nous avons au Québec 6 à 7 mois de neige.....À suivre

Ecrit par : Dorette Kenfack | 09.05.2008

Comme je suis en pause de cours (15mn) et en Pologne, je réponds rapidement aux deux dernières notes dont une qui est de ma soeur chérie (et oui)qui vit à Montreal au Canada
je ne voulais pas faire de la pub (à tort) pour le master juriste international ou le master contrats et responsabilité des profesionnels de l'université de Toulouse (on peut ajouter le master secteur financier ou même droit pénal...)
mais vous avez entièrement raison, les bons master fonctionnent sur ces idées. Une "sélection" des master? voila aussi une très bonne idée même si elle est difficile à mettre en oeuvre. Ne vous en faites pas pour les fautes. On en est tous là . C'est un blog d'idées et vous en avez de très belles: c'est ce qui intérèsse les lecteurs
Ma soeur évoque à la fin de sa note le froid : et oui, il fait froid au canada et parfois dès le mais d'août - je parle d'expérience - ce qui ne m'empêche pas d'y aller pour des raisons évidentes
Nous recevons à Toulouse des enseignants du Canada et sans doute un séjour d'enseignants français au Quebec et au Canada aide à changer les mentalités
le système américain et canadien est-il exportable en France? je ne le pense pas. Je rassure ma soeur : malgré la neige, on aime venir au Québec...

Ecrit par : hugues kenfack | 09.05.2008

M. le Professeur,
Effectivement, j'avais oublié le master secteur financier qui dispose d'un site internet par ailleurs.
Puisque vous trouvez mes idées bonnes (ça y est, j'ai les chevilles qui enflent...lol), je vais vous faire part d'initiatives prises par un certain nombre de masters qui me semblent aller dans le bon sens.Par exemple, le Master de la propriété intellectuelle appliqué de l'université Paris 12 tient une revue concernant le droit de la propriété intellectuelle depuis deux années. Vous pouvez trouver les numéros sur le site de l'association. Ce même master organise un colloque annuel qui réunit un très grand nombre de personnes. Cette année par exemple, le colloque aura lieu à la cour d'appel de Paris. Par ailleurs, à la faculté de droit de Versailles, le master d'arbitrage s'est vu ouvrir les pages des Petites affiches (je crois) pour traiter de l'actualité jurisprudentielle en la matière. Des enseignants, praticiens intervenants et des étudiants s'associent pour élaborer des articles de grande qualité. Dans cette même université, les étudiants du master droit des contrats dirigé par Madame le Professeur Chagny ont rédigé sous son autorité un chronique d'actualité jurisprudentielle sur le droit des contrats de distribution dans une grande revue juridique.
Les anciens du Dea de droit public approfondi de paris 2 ont ouvert un blog relatif à leur domaine de compétence qui contient des articles de doctorants, allocataires de grande qualité. On notera que certains de ces articles sont rédigés en anglais.
Le master de droit fiscal de paris 2 organise la formation de façon telle que les étudiants peuvent choisir de le suivre en mode apprentissage, ils se retrouvent avec une année d'expérience professionnelle et leur employablité est quasi-immédiate. Et je ne prends que qques exemples mais les initiatives sont nombreuses mais pas encore suffisantes. Et vous remarquerz que ces formations ont une grande réputation pour la plupart...
Y'a pas de secret, on connait les clés de la réussite, il ne tient qu'aux premiers intéressés, à savoir enseignants et étudiants d'agir de concert pour que leurs formations deviennent "bankable".
Mais j'insiste sur le fait qu'il serait vraiment nécessaire de faire le bilan de l'ensemble des formations pour voir celles qui ne sont pas assez attractives pour les fermer ou les "rénover". Il faudra certes ménager les susceptibilités des directeurs en question mais on ne peut laisser les étudiants postuler à des formations qui les mèneront dans le mur...
Un dernier point me semble essentiel et qui va dans le sens des idées développées jusqu'ici. Le passage au LMD nous donne la possibilité d'organiser le cursus en deux cycles homogènes d'enseignements. Je plaide pour un master dont la selection se ferait en 1ère année. Deux ans en groupe restreint permettrait de créer des affinités au sein d'un groupe et renforcerait la cohésion des étudiants. L'encadrement serait renforcé et un suivi personnalisé de chacun d'entre eux par le corps professoral aisé. Certains reprochent le manque d'expérience des diplomés qui n'ont la possibilité de faire des stages que dans le cadre de leur master. Dans cette nouvelle configuration, il sera plus facile de trouver des stages en master 1 à une trentaine d'étudiants. Dans ces conditions les diplomés sortiraient avec deux périodes de stages auxquelles s'ajouteront les stages de l'école du brreau pour ceux qui passeront le crfpa. Si l'on y associe les professionnels à de tells formations le succès est garanti.
Enfin, et je m'arrêterai là, il ne faut pas voir dans mes propos une quelconque défiance à l'égard de matières tout aussi structurantes que la philosophie du droit, l'histoire du droit ou de la justice. Il convient de ne pas sacrifier ces matières fondamentales sur l'autel de la rentabilité. Parce que cette rentabilité sera à court terme. Les facultés de droit forment des juristes et non des techniciens et il est nécessaire que les étudiants acquiert des connaissances sur les grands auteurs qui ont fait la doctrine du siècle dernier. Je soulignerai pour finir une lacune de taille dans la formation. On n'enseigne pas du tout (ou très peu) la technique de cassation pourtant si importante. De la compréhension parfaite de cette technique dépend la compréhension est l'analyse que l'on fait des arrêts. Combien de professeurs de mon master ne nous ont ils pas dit de consulter le Boré ou le livre des époux Bachellier.
Voila, ce fut long mais j'espère concluant...lol
Respectueusement

Ecrit par : fluctuat nec mergitur | 09.05.2008

Bonjour tout le monde,

il faut bien apporter un peu de contradiction.

L'esprit de corps existe déjà à L'université, et il est loin de n'avoir que des effets positifs. On vous fait bien comprendre chaque jour qu'un professeur, ce n'est pas un maître de conférence, de même qu'un professeur agrégé au 1er concours, ce n'est pas un voie longue, etc...

De plus, je crois savoir qu'un jour, à l'Université de Toulouse, les administratifs ont souhaité un rapprochement avec les enseignants par le biais d'un Noël commun, mais qu'ils se sont vus répondre que les enfants d'un professeur ne devaient pas être mélangés avec les enfants du petit personnel.

Alors un campus...

Enfin, il existe une littérature conséquente sur les campus américains, et la vision qui en ressort n'est pas véritablement idyllique. Outre que les étudiants s'endettent à vie pour pouvoir faire des études, leur émancipation se produit dans un milieu quasiment dénué d'adultes responsables et imperméable aux difficultés du dehors, d'où l'absence de véritables repères. De plus, et l'effet se reproduit dans les grandes écoles françaises, ce sont souvent des lieux dans lesquels l'alcoolisme, voire pire, se développe aisément.

Je pense que la priorité, c'est déjà d'améliorer la vie des étudiants qui vivent autour de l'Université. Les cités U sont chaque année un peu plus délabrées, et la vie y devient de plus en plus difficile...

Peut-être est-il temps que les Universités s'ouvrent aux capitaux privés pour, sans perdre leur âme, pouvoir vivre pleinement leur autonomie.

Ecrit par : Robert | 10.05.2008

@ Robert:
Relativement à votre argument sur les effets "indésirables" des campus tiré de l'expérience américaine, je partage pour l'essentiel votre point de vue quoique je serais moins alarmistes que vous quant au lien de causalité entre vie en campus et l'absence de repère (il faudrait que soit avéré une telle absence pour commencer...). Mais je pointerais du doigt le repli sur soi (entendu sur la communauté étudiante) qu'un tel mode de vie induit. Et pour ma part (mais ça n'est que mon appétance personnelle), je préfère sortir en centre ville que passer mon temps de loisir et de vie étudiante dans un campus fût agréable.
En revanche, votre entame de message est un peu limite en ce qu'il fait état d'un "je crois savoir qu'un jour..." qui laisse penser que vous relatez des faits dont la véracité n'est pas établie de façon certaine. Dans l'hypothèse inverse, l'exemple que vous apportez pour faire état d'un corporatisme (au sens péjoratif) n'est pas en soi pertinent. cela aurait été le cas s'il s'était agi d'une "spécificité juridique". Or, le mépris dont vous faîtes état (à supposer qu'il existe) est un phénomène largement répandu dans la société à tous les niveaux. Je suis persuadé que l'on trouverait des témoignages analogues dans d'autres disciplines. Pire, et vous l'avez sans doute constaté aussi durant vos années d'études, cette attitude existe entre étudiants quand ceux-ci prennent de haut ceux-là pour n'avoir pas intégré le même master qu'eux sous prétexte que le leur est la référence.
Ce phénomène relève de la propension de certains à prendre la "grosse tête". Il y en a probablement chez certains enseignants mais de là à en tirer les conséquences que vous tirez... Heureusement que les esprits "taquins" n'ont pas rebondi sur votre propos en jouant la surenchère. Cela aurait pollué le débat alors que celui-ci était bien engagé.
Mais bon, je dis ça, je dis rien en même temps...
Cordialement,
ps: ne voyez aucune hostilité dans mon propos, c'est justement dans un souci de protéger la quiétude de nos échanges que je me suis permis d'intervenir.

Ecrit par : fluctuat nec mergitur | 10.05.2008

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