« Derniers jours pour être candidat à trois concours d'agrégation | Page d'accueil | Master 2 Contrats et Responsabilité des professionnels de l'Université Toulouse I »

25.05.2007

Nécessaire articulation entre le recrutement des Maîtres de conférence et celui des Professeurs l'année du concours externe d'agrégation

Notre collègue Françoise PEROCHON, professeur à l'université Montpellier I a attité l'attention de la communauté universitaire sur une question qui doit entraîner une nécessaire articulation entre le recrutement des Maîtres de conférence et celui des Professeurs par la voie de l'agrégation externe lorsque les deux modes ont lieu la même année.

En effet, il existe souvent un décalage d'un peu plus d'une semaine entre la date limite de saisie des voeux d'affectation des candidats recrutés comme MCF - cette année le 19 juin - et celle des résulats de l'agrégation -cette année après la date de dernière épreuve le 26 juin. En raison de ce décalage, lorsqu'un candidat admissible au concours est classé n° 1 et qu'un autre candidat est classé n° 2, si le premier est agrégé quelques jours plus tard, le poste reste vacant pendant environ 6 mois et le candidat n° 2 perd le bénéfice de son classement. Etant vice président de la Commission de spécialistes de droit privé de la Faculté de droit de Toulouse, je peux témoigner du caractère injuste de cette situation. Outre la vacance du poste alors même que ce dernier correspondait à une impérieuse nécessité, surtout dans les universités à effectif réduit, cette situation est inhumaine pour le candidat n° 2 qui n'a pas de poste alors même qu'il est vacant.

Que faut-il faire? Convient-il de décider de ne pas recruter des candidats admissibles au concours pour éviter qu'ils ne soient agrégés et que cela entraîne la vacance d'un poste de MCF? A l'évidence, une telle attitude serait illogique et une réponse négative s'impose. Le fait d'être admissible au concours est un plus et ne peut devenir un moins. Convient-il alors de laisser la situation actuelle inchangée au risque de priver un n° 2 et une faculté d'un poste qui est indispensable à son fonctionnement? Une réponse négative s'impose aussi.

Notre collègue Françoise PEROCHON propose une solution de bon sens : repousser la date limite pour les voeux des MCF après les résulats de l'agrégation. Cette solution a le mérite de permettre une transparence, une certaine cohérence, de sauvegarder l'intérêt des facultés car les postes se restent pas vacants, celui des commission de spécialistes dont le classement est respecté et surtout celui des n° 2. Certes, les candidats moins bien classés "perdent" une chance de candidater quelques mois plus tard sur ce poste déjà pourvu.

L'attention du Ministère, notamment du Directeur des Enseignements supérieurs aurait été attirée sur cette question. La balle est donc dans le camp de notre nouvelle Ministre de plein exercice, Madame Valérie PECRESSE. Madame le Ministre, à vous de jouer. Peut-être qu'un simple arrêté permettra de résoudre cette question défiant le bon sens qui est pourtant "la chose du monde la mieux partagée"(Descartes).

Commentaires

Le Doyen Gérard Cornu est mort. Nous sommes tous orphelins.
DE l'Ecole au Palais sont nom restera associé à deux oeuvres majeurs de notre littérature juridique: le nouveau code de procédure civile dont il a été le principal rédacteur avec Jean Foyer et, le vocabulaire juridique (le "Cornu") grâce auquel tant de jeunes juristes comme nous ont fait leur droit.
Le 11 mai 2007, nous sommes tous orphelins, Gérard Cornu est mort. Il avait 80 ans.

Ecrit par : Fall Paraiso | 25.05.2007

Comme on dit dans certaines traditions afro-antillaises, les morts ne sont pas morts. Ils sont... dans ce qu'ils laissent par exemple comme oeuvre. Celle du Doyen CORNU est exceptionnelle. Même si nous sommes tous orphelins, le Doyen CORNU reste vivant dans nos coeurs et dans notre esprit. Merci pour votre note. Sans doute un article évoquera ses oeuvres. Le Professeur Jacques Foyer a écrit quelques mots sur son décès sur le site du monde.fr (A suivre).

Ecrit par : hugues kenfack | 25.05.2007

Il me semble qu'il est possible d'attribuer le poste au second par demande expresse et écrite de l'Université concernée (en dehors de la procédure électronique, par les moyens classiques).

Ecrit par : Albert | 25.05.2007

Je ne le savais pas. quelles sont les conditions d'une telle procédure?

Ecrit par : hugues kenfack | 25.05.2007

Je l'ignore. C'est un bruit qui court...

Ecrit par : Albert | 25.05.2007

Il faut se méfier des bruits...

Il faut absolument que ce recours fonctionne car ce qui est en train de se passer montre à quel point l'université française est mal gérée. Il est grave à l'heure où on parle de méritocratie de laisser l'administratif prendre le pas sur les besoins impérieux de l'université

Ecrit par : jessica | 26.05.2007

Chère Jessica,
Je suis entièrement d'accord avec vous, ce qui justifie d'ailleurs que je sois sur mon blog un dimanche...
Je pense que l'université mérite mieux que les "questions administratives". En outre, il convient d'avoir à l'esprit que dans les universités, l'équilibre parfait a été trouvé entre les administratifs et les enseignants au bénéfice des étudiants... mais aussi de la recherche et donc des étudiants.
Je fais confiance à notre nouvelle Ministre et à ses collaborateurs pour résoudre cette difficultés et montrer que tout le monde dans l'enseignement supérieur (Etudiants, enseignants, adaministratifs, Ministre...) regarde dans la même direction, celle de l'avenir de l'Université. Alors, comme vous l'écrivez, il faut se mobiliser et remercier Françoise PEROCHON qui a relevé cette difficultés.

Ecrit par : hugues kenfack | 27.05.2007

Oui on doit remercier Madame Pérochon.

C'est une super prof (je le sais puisque j'ai eu la chance de l'avoir en cours l'an passé) qui en plus de ça semble se soucier des docteurs qui après un bac plus 10 se retrouvent le bec dans l'eau alors que le poste en question n'attendait qu'eux...

Il faut dire que ce mode de recrutement est particulièrement dur pour ceux qui ont à le vivre. Le stress car les réponses arrivent, quand elles arrivent, au compte goutte. Il faut alors organiser le tour de France avec chaque fois des changements lorsqu'une nouvelle audition de présente. Le tour est éprouvant et certains vont jusqu'à faire 3 auditions en une journée à des points opposés sur la carte de France. Et après tout ça si on pas de poste faut attendre encore un an!

Il est dur mais devient inhumain lorsque vous vous retrouvez classé second derrière un agrégatif! Si celui-ci a l'agrégation ( et vous le lui souhaitez de tout coeur!) le poste que vous êtes tout à fait disposé et heureux de prendre est... VACANT! C'est presque drôle.

Heureusement que des professeurs comme Mme Pérochon ou vous même se bougent pour l'université.

Sinon, félicitation aux tout nouveaux maîtres de conférence de l'université française.

Ecrit par : Jessica | 27.05.2007

Cher Hugues, peut-être vaudrait-il mieux pour les universitaires en place ne faire confiance qu'en eux-mêmes au service de l'avenir et du devenir des étudiants, de l'université et des futurs uniersitaires. Plutôt que la confiance aveugle, la vigilance voire...la résistance.
Et j'ai une pensée très émue pour G. Cornu (et sa grande famille) dont j'apprends sur ton blog le décès. C'était un grand juriste parce que un grand homme. Puisse t-il avoir rejoint ses proches trop tôt partis

Ecrit par : corbion lycette | 27.05.2007

Hugues,
le billet dans le monde du 17 mai est, me semble t-il de Jean Foyer et non de Jacques

Ecrit par : corbion lycette | 27.05.2007

2 remarques :
1- Si les règles relatives au recrutement des maîtres de conférence ne sont pas bonnes, il faut les changer. Mais ces changements ne devraient pas concerner les instances en cours (il y aurait une sorte de rétroactivité contraire au principe de sécurité).
2- Le système actuel assure mal la coordination entre les mutations et les recrutements. Ce sont les mêmes postes qui sont concernés mais les demandes de mutation sont examinées préalablement. Si la mutation est acceptée, il n'y a pas d'audition ni de classement au titre du recrutement. Mais une même personne peut demander sa mutation dans plusieurs universités. Si elle est acceptée sur plusieurs postes, tous sont fermés au recrutement alors qu'un seul poste n'est réellement pourvu. Les autres postes demeurent vacants au détriment des universités et des candidats au recrutement.
Deux réformes sont envisageables. La première consisterait à fusionner mutations et recrutements (en classant sur le même poste les deux types de candidats). La seconde viserait à prévoir un délai de classement et de choix plus court pour les mutations (qui sont en fait déjà examinées préalablement). Si les postes ne sont pas pourvus à la mutation, ils pourront l'être au recrutement.
Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Jean-Jacques | 27.05.2007

@ Jean-Jacques, à propos des réformes que vous proposez.

Sur la première proposition, désolé mais elle est tout simplement illégale en ce qu'elle porte atteinte au principe d'égalité qui veut se trouvent dans la même situation la même catégorie de personnes. Le principe d'égalité ne peut admettre que figure dans un même classement un fonctionnaire titulaire demandant une mutation et un candidat à un concours externe (ce qu'est le candidat à la maîtrise de conf.). Aucun tempérament n'est possible.

Sur la seconde proposition, je crois que vous avez raison. Permettez-moi de rapporter une anecdote personnelle, ayant moi-même demandé et obtenu une mutation dans le passé. Plus exactement, ce sont deux mutations que j'ai obtenues ; nous avions convenu avec le président de la commission qui m'avait appelé pour la première mutation de surseoir sur ma décision en attendant le résultat de l'autre commission, qui retenait de ma part une plus grande attention. Je confesse que cette forme de "sursis à mutation" ne me paraît pas juridiquement parfait. Mais il a permis à cette première commission de maintenir le poste au concours après j'eus été muté par la seconde commission. Et ce poste a été pourvu d'après les infos communiquées par des docteurs qualifiés qui ont été auditionnés.
En somme je retiens de votre proposition qu'il faudrait instaurer un délai strict permettant de laisser le poste au concours en cas de refus de mutation d'un MC muté sur un autre poste. J'ajoute que pour ma part je reste convaincu qu'une impérieuse réforme des mutations des MC s'impose pour que ce mécanisme statutaire ordinaire dans la fonction publique, d'une part, ne concurrence plus le concours d'entrée dans ces fonctions et, d'autre part, permette de faciliter la mobilité dans ce corps.

Bonne fin et début de semaine à chacun et notre hôte en particulier.

Ecrit par : FL | 27.05.2007

Je vais tenter une première réponse collective même si ce n'est pas toujours opportun, en vous remerciant toutes et tous de faire vivre mon nouveau blog.
Pour le billet donc parle ma collègue Lycette, c'est bien sûr Jean Foyer et non Jacques.
Ensuite, comme le montrent les messages de Jean-jacques, Jessica, FL, Lycette... c'est toute la procédure de recrutement des Maîtres de conférence et des professeurs qui doit être revue.
Je dois avouer, à la lecture de certains des messages qu'en tant que vice président de la commission des spécialistes de droit privé de l'université Toulouse I, je n'ai averti officiellement que ceux qui ont été retenus et non les autres. Mea culpa. la prochaine fois, je vais tenter de téléphoner à tous ceux qui ont été entendus. S'agissant des "tours de France", l'amateur notamment de cyclisme et surtout du Tour doit avouer que c'est vraiment difficile et pas très humain.
S'agissant des postes vacants, je pense qu'il faut absolument trouver une solution car il est inadmissible qu'un poste le reste simplement parce qu'il a été attribué à un agrégation qui a été agrégé par la suite quelques jours plus tard ou à un muté qui a obtenu un autre poste. Merci à mon collègue FL d'évoquer son expérience car elle montre toute la complexité de la question.
Quant à ma collègue et amie Françoise PEROCHON, je n'ai rien à ajouter. Non seulement ceux qui l'ont eu comme professeur à Montpellier ou en Martinique pensent du bien d'elle mais tous ceux qui ont lu son manuel de référence sur les entreprises en difficultés et les instruments de paiements.
Pour en terminer, vos réactions vont je l'espère montrer à toutes et à tous qu'il faut de toute urgence résoudre cette difficulté.
Vos messages apportent des pistes de solution. Convient-il pour cela de faire une pétition?

Ecrit par : hugues kenfack | 27.05.2007

Hugues, je crois que l'opportunisme est de mise quand il sert l'intérêt général. Or ayant appris, il y a peu, qu'un ancien président de l'université toulousaine vient d'être nommé conseiller auprès de notre nouvelle ministre, je pense que, plutôt qu'une pétition, un Hermès toulousain qui aurait conservé des contacts avec ce président et qui accepterait de transmettre ces requêtes pleines de bon sens recueuillies sur ton blog serait plus efficace.

Ecrit par : lycette corbion | 27.05.2007

La première proposition concernant les mutations étant illégale au regard du droit de la fonction publique, il convient évidemment de l'abandonner.
Pour le reste, il faut éviter, je pense, de faire des pressions en catimini auprès de personnes bien placées et connues. Cette façon de procéder (qui a été celle adoptée par Science Po Paris pour obtenir la modification des règles sur les équivalences à l'entrée du CRFPA) donne une image très négative de l'Université.
Si des réformes d'intérêt général et de bon sens doivent être adoptées ce ne peut être qu'en toute transparence en les soumettant au préalable à la communauté universitaire qui doit les soutenir.
Il existe peut-être un canal officiel (la conférence des présidents d'université) ? Une pétition ? Un autre moyen ?

Ecrit par : Jean-Jacques | 27.05.2007

C'est vrai, chère lycette, que deux anciens présidents UT1 (pour paraphraser les étudiants et enseignants UT1) sont "proches" aujourd'hui du nouveau Président de la République et de la nouvelle Ministre. C'est une piste à ne pas négliger et tu as raison, il va falloir utiliser en partie cette voie. Pour aller aussi dans le sens de Jean-Jacques, la CPU est une bonne idée.
En fait, la question est fondamentale et mérite donc d'utiliser tous les canaux.
Merci à tous les deux pour vos contributions : la réflexion continue

Ecrit par : hugues kenfack | 27.05.2007

En réponse à Jean-Jacques, je crois avoir été mal comprise, il ne s'agit en aucun cas d'exercer des "pressions en catimini": d'une part je ne les aurais pas suggérées sur ce blog et d'autre part pour qu'il s'agisse de pressions encore faudrait-il que celui ou ceux dont elles émanent disposent d'une quelconque puissance! Non il s'agit tout simplement pour des personnes qui, de fait sont des interlocuteurs priviliégiés- amis ou autres- des détenteurs du pouvoir, d'éprouver la responsabilité dont ils sont investis de porter notamment la parole des sans-voix, des sans part faute d'être intégrés à l'Université, université qu'ils ont déjà pourtant bien souvent servie. Cela dit, outre les instances officielles dont il n'est pas question de remettre en cause la légitimité, pour ces sans voix au chapitre, il vaudrait mieux trouver le ou les moyens pour qu'ils expriment leur voix sans intermédiaire. Ce blog comme d'autres est déjà un de ces moyens et leur lecture devrait être vivement recommandée à toutes les instances dirigeantes de l'université et de ce pays

Ecrit par : lycette corbion | 28.05.2007

Je vous rassure tous les deux et confirme vos points de vue. il n'est pas question de saisir les responsables du Ministère ou ceux qui ont de l'influence en cachette mais bien de le faire avec le soutien de toute la communauté universitaire. Par vos contributions, chers lycette et jean-jacques, vous avez déjà participé à la mise sur la place publique de cette question de bon sens et je formule le voeu que d'autres y contribuent.
Sur cette question comme sur bien d'autres, je pense que le moment est venu que tous les acteurs de la vie universitaire (étudiants, administratifs, enseignants) soient consultés voire plus. Ce n'est que comme cela qu'on peut éviter que des décisions prises " sur dossier" sans contact avec le terrain aient des conséquences graves : suivez mon regard.
Sur son blog, notre nouvelle ministre indique qu'elle sera le Ministre des étudiants. Personne ne peut lui reprocher de mettre, comme nous, l'étudiant au centre de son action. En effet, enseignements (cours, TD, TP) et recherches (notes, articles, ouvrages...) sont dans le même sens. L'intérêt de l'étudiant passe par une communauté universitaire qui "s'aime" au sens de A. de St Exupéry, c'est-à-dire qui regarde dans la même direction.
En outre, notre Ministre indique également sur son blog qu'elle souhaite l'ouverture d'un dialogue constructif avec les représentants du monde universitaire et de la rechreche.
Je suis optimiste et attends avec impatience la suite.

Ecrit par : hugues kenfack | 28.05.2007

Bonjour,

étant doctorant en fin de thèse, la question du recrutement des MCF m'intéresse au plus haut point.

Aussi je me permets deux questions :

D'une part, il me semble que pour la plupart des postes ouverts à mutation, plusieurs candidats sont généralement auditionnés. Si le premier se désiste, il suffit, comme pour le recrutement, de prendre le second, qui n'a généralement - vu le peu de postes à pourvoir - pas trouvé chaussure à son pied dans une autre Université. Le choix de la mutation ne reflète pas toujours, je crois, la volonté de faire revenir un local. Qu'en pensez-vous ?
A défaut de second, n'est-il pas possible, comme pour les années où les Universités récupèrent les postes de MCF de ses récents agrégés, de proposer le poste alors non pourvu en septembre ?

D'autre part, quant à l'égalité des recrutements, que pensez-vous de la proposition de créer des pôles de recrutement régionaux plutôt que faire procéder les recrutements par les Universités qui, généralement, recrutent inexorablement leurs locaux ?

Ecrit par : Guillaume | 30.05.2007

Cher Guillaume
J'apporte quelques éléments de réponse à vos questions
Je vous précise que la commission de droit privé de Toulouse procède aux mutations sans écouter les candidats et je pense - à vérifier - que c'est souvent les cas dans les autres commissions. sSagissant de collègues en poste dans d'autres universités, est-il besoin de les écouter? En outre - et je m'exprime en mon nom personnel - les mutations ont souvent pour effet de faire revenir des locaux. Sans citer de noms, certaines universités ont même adopté la politique de privilégier ce mode de recrutement en ce qui concerne les professeurs pour faire revenir leurs agrégés. Est-ce d'ailleurs une mauvaise méthode? A chacun d'en juger.
Quant à votre seconde question, en ce moment où on parle "d'autonomie des universités", je doute fort que les "pôles de recrutement régionaux" puissent intervenir, même si ce n'est pas une mauvaise idée. vous savez comme moi que l'agrégation externe de droit privé est assez contestée comme mode de recrutement alors même qu'il s'agit d'un concours national, avec un jury diversifié, même s'il est encore "parisien" géographiquement. En plus, comment constituer ces pôles régionaux? Toujours est-il que vos questions posent le problème de la réforme des modes de recrutement des enseignants en en droit.

Ecrit par : hugues kenfack | 31.05.2007

Merci de votre réponse Monsieur.

J'ajoute tout de même que je pense que, d'un côté, il ne serait pas inutile d'auditionner les personnes qui demandent une mutation, car des enseignants recrutent certes un collègue, mais ils recrutent surtout un collègue qui va travailler dans leur Université. D'un autre côté, je ne crois pas trop à l'autonomie des Universités à l'heure du PRES.

Le PRES est en train d'opérer un changement de gouvernance des Universités et, si autonomie il y a, il semble qu'elle se fasse plus au sein d'un pôle régional qu'au sein d'une seule Université. Gros problème à cela : en droit, nous avons beaucoup moins de doctorants, et beaucoup moins de fonds que dans les autres Universités. Notre voix au sein d'un PRES risque alors de ne pas être prise très au sérieux...

Cordialement.

Ecrit par : Guillaume | 02.06.2007

Guillaume, votre inquiétude me semble en gande partie légitime. L'"autonomie" (pour l'"excellence") annoncée des universités, sauf résistance des universitaires, risque bien de signifier et accomplir l'inféodation à venir de ces dernières au monde de l'entreprise et la récupération du savoir, des connaissances par le marché (ce que certains philosophes et économistes appellent le capitalisme cognitif). Mais les juristes ne me semblent pas les plus menacés (ne serait-ce que parce que, pour la réussite de ce projet, il faudrait penser les modes juridiques d'appropriation privative et exclusive de ce savoir les plus eficcaces). En revanche que deviendra la recherche en philosophie, en histoire....

Ecrit par : lycette corbion | 04.06.2007

Comme tout le monde chez moi regarde Celine DION à la TV, j'apporte une réponse rapide, dès ce soir, à ma collègue Lycette et à Guillaume
Le PRES : que va-t-il apporter? Ce genre de structure me fait peur car j'ai le souvenir de ces gens qui n'hésitaient pas et aujourd'hui encore disent que la recherche en droit par exemple n'existe pas. Pour eux, un chercheur doit être dans un Laboratoire avec des tubes à essais... Les disciplines sont très différentes et s'il peut être profitable de travailler ensemble, c'est à la condition que chacun respecte la spécificité des autres
Comme on l'a écrit, il faut savoir dans quels cas il faut l'uniformité et dans quels cas il faut des différences. Je suis donc moins optimiste que vous sur le sort du droit
Aujourd'hui, tout le monde ne jure plus que par l'entreprise : l'université doit s'ouvrir à l'entreprise. C'est une certitude. Je partage cette opinion. Dans les deux masters que je dirige ou codirige (M2 Contrats et M2 Juriste international) de nombreux professionnels du droit interviennent et de nombreuses entreprises participent...c'est l'avenir... pour certaines branches du droit. D'autres n'attirent pas les entreprises. Doivent-elles disparaître?
L'autonomie de l'université doit-elle se traduire simplement par une disparition de toutes les branches du droit qui n'ont pas un effet "économique"?

Ecrit par : hugues kenfack | 09.06.2007

De l'articulation maître de conférences-profs, il semblerait que nous ayons glissé à l'articulation université-entreprise et à en croire le commentaire sur les blogs ministériels, certaines de ces articulations peuvent souffrir d'arthrose...
S'agissant des liens entre recherche et entreprises, puisqu'il ne fait aucun doute à présent qu'ils vont être privilégiés, inutile de jouer les Don Quichotte (quoique). Je crois que les chercheurs doivent jouer la carte de la solidarité peut-être en développant les labratoires pluridisciplinaires et transversaux associant sans classement aucun et sans exhaustivité, juristes, économistes, historiens, philosophes, comptables, géographes, psy et chercheurs en sciences dures...D'une part on éviterait de jouer par exemple quand on est jriste les apprentis philosophes, économistes, sociologues etc et vice versa; d'autre part on pourrait tendre à une recherche digne de ce nom face à la complexité de notre temps et enfin les secteurs de la recherche attirant les capitaux pourraient les redistribuer en parite à ceux dont les recherches ne sont pas considérées utiles d'un point de vue économique. Mais à simplement observer nos universités de droit où les centres de recherche cutivent la division et la concurrence entre droit privé-droit public (là ce n'est plus Don Quichotte mais de l'arrière-garde), droit des affaires, droit privé, droit pénal...., on imagine aisément que le tour n'est pas joué

Ecrit par : lycette corbion | 11.06.2007

"Le principe d'égalité ne peut admettre que figure dans un même classement un fonctionnaire titulaire demandant une mutation et un candidat à un concours externe (ce qu'est le candidat à la maîtrise de conf.). Aucun tempérament n'est possible"
Pourtant, dans les faits, les candidats à la mutation n'ont pas priorité sur les candidats au recrutement en qualité de mcf. Dans l'Université dont je dépend, je n'ai jamais vu un mcf considéré comme prioritaire sur un poste ouverte à la mutation ou au recrutement, par rapport aux candidats au recrutement.
La règle me semble donc théorique et, du reste, chacun sait que les maîtres de conférence sont nombreux à aspirer à une mobilité qui leur est, en pratique, refusée.
Cet immobilisme forcé est d'ailleurs foncièrement contre-productif pour l'université, de même que le serait, à dire vrai, une mobilité forcée comme celle qu'on a, il y a quelque temps, imposée aux magistrats du siège.

Ecrit par : Merlin de Cambrai | 12.06.2007